«Les feux de La Corogne», entrevista de Liberation a Manuel Rivas

O xornalista de Liberation Philippe Lançon viaxou á Coruña para entrevistar a Manuel Rivas con motivo da aparición en frances d’ Os libros arden mal. Recomendamos a longa entrevista, que constitúe un dos fitos máis salientables da presenza dun autor galego nun medio internacional. Reproducimos directamente varios parágrafos significativos do texto:

Avant d’écrire, Rivas a lu, regardé, beaucoup interrogé : «Mon imagination procède par cercles concentriques. Le premier est documentaire ; le second, oral ; le troisième, fermenté. A un moment, j’ai failli abandonner. Tant que j’étais dans la fumée du bûcher, je voyais. Elle envahissait les bâtiments publics, les maisons, les cerveaux, les cœurs. Quand elle s’est dis sipée, l’odeur a persisté, mais je ne savais plus quoi en faire.» L’histoire de la Galice flambe avec son bûcher, pleure avec sa pluie, chante avec ses poètes, émigre avec ses émigrants, revient avec les revenants. Le roman est son beau foutoir et le porte-voix d’une ville où le vent disperse et rapporte depuis toujours absolument, tristement et merveilleusement tout.

[…]

«Chaleur». En galicien, la langue dans laquelle écrit Rivas, puis en espagnol, celle dans laquelle il ne traduit plus lui-même que ses poèmes, le roman s’intitule : Les livres brûlent mal. C’est que le feu du 19 août est novice, un bébé inquisiteur et fasciste qui «doit vaincre les résistances, l’incompétence des incendiaires, le manque d’habitude de faire brûler les livres. L’incrédulité des absents. On voit bien que la ville ne conserve aucune mémoire de cette fumée paresseuse et réticente, circulant dans l’étrangeté de l’air qu’on respire». Les personnages de Rivas racontent les pages qui fondent, l’odeur qu’elles dégagent, la difficulté que les hommes ont à se défaire des mots. Sa nature de poète enveloppe le récit. Il note que, «même s’il pleut sur les livres, les mots dégagent encore de la chaleur», que l’atmosphère dans laquelle ils brûlent «est trouée». Et il est là pour explorer ces trous.

[…]

Le titre français, l’Eclat dans l’abîme, est le nom d’une association démocrate et humaniste, un «athénée» qui regroupe un boxeur célèbre, son partenaire d’entraînement, un peintre, un chanteur de tango… Ceux qui vont mourir, être déportés ou marginalisés. Le chanteur de tango fuira en Amérique du Sud, plus tard, après avoir été tabassé et traîné par les cheveux par son protecteur fasciste. Le roman est dédié à un libraire fameux de Vigo qui, enfant, fut la mascotte de cet athénée : «Sa voix, di t Manuel Rivas, changeait selon la personne dont il parlait. En l’écoutant, j’avais une sensation de stupeur et de quiétude.» C’est cela que l’homme dégage et que le romancier a voulu restituer. Mais Antón Patiño Regueira est mort peu avant la publication du livre.

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